22 décembre 2010

Accord de Cancùn : des réactions nuancées

source : Actu-environnement.

Après deux semaines de pourparlers, la conférence de Cancùn s’est conclue par un accord inespéré. S’il préserve l’avenir des négociations sur le climat, il ne garantit pas l’adoption de résultats concrets sur la suite à donner à Kyoto. Réactions.

Après l’échec de Copenhague l’an dernier, la Conférence des Nations unies sur le climat s’est conclue samedi 11 décembre par l’adoption d’un accord à Cancún (Mexique) certes "a minima’’ mais qui a su ressusciter les négociations onusiennes. La seule voix discordante fut celle de la Bolivie.

Un accord, qualifié de ’’succès’’ par le chef de l’ONU Ban Ki-moon, qui a recueilli samedi le satisfecit de la scène politique internationale. Pour la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko Morizet cet accord ’’établit la confiance dans le système multilatéral après une période où il était apparu fragilisé’’. Il est ’’une claque aux climato-sceptiques et à tous les lobbys’’, s’est félicitée l’eurodéputée Corinne Lepage tandis que le président américain Barack Obama estime qu’il "poursuit l’effort pour répondre au défi du changement climatique" même si les Etats-Unis n’ont toujours pas affiché leur volonté de signer le protocole de Kyoto… C’est "un pas important" vers un cadre global et légalement contraignant de lutte contre le réchauffement, a, quant à lui, réagi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Cet accord a été rendu possible, grâce notamment au renfort diplomatique de l’Inde, et surtout la détermination de la présidence mexicaine. ’’Par son organisation tempérée et sa volonté de transparence du début à la fin’’, la présidence mexicaine ’’a favorisé un climat propice au compromis’’, estime le Réseau Action Climat France (RAC) qui regroupe notamment Greenpeace, WWF et Oxfam. Le texte "ouvre une nouvelle ère pour la coopération internationale sur le climat", a assuré la ministre mexicaine des Affaires étrangères, Patricia Espinosa, qui présidait les négociations.

Parmi les ’’avancées’’ saluées par les politiques et les ONG figurent l’adoption d’un Fonds vert de 100 milliards de dollars par an dès 2020 pour aider les pays en développement et d’un mécanisme de lutte contre la déforestation tropicale (REDD+), ’’qui prend en compte la préservation de la biodiversité et les droits des populations forestières’’, selon le RAC et ’’rendant effectives certaines annonces de Copenhague’’, rappelle Nathalie Kosciusko Morizet.

Si "la question clé du financement a progressé" selon Greenpeace, via le Fonds vert, reste encore à remplir ’’cette coquille vide’’. Aucune décision n’a en revanche été prise sur ses sources de financement… La question devra être réglée dans un an, lors du prochain sommet à Durban, en Afrique du Sud.

Vers l’abandon du protocole de Kyoto ?

Autre bémol : si l’objectif, déjà acté à Copenhague, de limiter à 2° l’augmentation de la température moyenne du globe est réaffirmé, aucun engagement, pays par pays, n’a été pris de réduction d’émission de gaz à effet de serre. ’’Alors qu’il était vital de sécuriser une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto, ici à Cancún, rien n’est acquis’’, s’inquiète Sébastien Blavier du Réseau Action Climat. ’’Aucun calendrier n’a été fixé pour renouveler les objectifs de réduction des pays industrialisés alors que le premier cycle d’engagements prend fin en 2012’’.

Rien ne semble obliger les pays industrialisés à poursuivre le processus, sinon un engagement formel à Durban en 2011 ? Pas si sûr. Car le Japon et la Russie refusent de reconduire Kyoto qui arrivera à terme en 2012 si tous les grands émetteurs, Chine autant qu’Etats-Unis, ne s’y rallient pas. Or, ces derniers n’ont toujours pas décidé leur entrée au processus. ’’Ces pays ont tiré vers le bas de nombreux volets des négociations et jeté le doute sur le potentiel de la conférence’’, estime Greenpeace.

’’Beaucoup de travail reste à faire’’, reconnaît Ban-Ki Moon. Les Amis de la Terre International ont mis en garde ce lundi 13 décembre contre cet accord de Cancùn qui ’’fournit une plateforme pour l’abandon du protocole de Kyoto, le remplaçant par un faible système de promesses et de révision hérité de l’Accord de Copenhague’’. "Les pays riches ont tenté d’assassiner le protocole de Kyoto et il est maintenant en coma artificiel, nous allons devoir redoubler d’efforts pour le sauver dans l’année qui vient", a regretté Nnimmo Bassey, président de l’ONG alors que les parties prenantes sont censées se fixer de nouveaux objectifs à atteindre à partir du 1er janvier 2013. "C’est une claque dans la figure de ceux qui souffrent déjà du changement climatique", a-t-il dénoncé.

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