27 août 2012

Entre 20 et 30 milliards d’euros par an de coût sanitaire lié à la qualité de l’air en France

La qualité de l’environnement est un déterminant important de la santé des individus. C’est dans le domaine de l’air que les relations entre santé et qualité de l’environnement sont le mieux connues. Depuis une quinzaine d’années de nombreuses études européennes, dont certaines ont été déclinées au niveau national, ont contribué à conforter le lien entre qualité de l’air et santé.

Le rapport de la Commission des comptes et de l’économie de l’environnement « Santé et qualité de l’air extérieur », diffusé en juillet 2012, apporte une pierre à cet édifice en fournissant des éléments chiffrés sur le coût sanitaire lié à la qualité de l’air.

Ce rapport s’attache à analyser les impacts sanitaires de la pollution de l’air en
en termes de mortalité (décès prématurés) et de morbidité (journées de symptômes respiratoires, nouveaux cas de bronchites chroniques, …). Il rappelle ensuite que ces impacts se traduisent par des coûts pour la société : coûts des soins, perte de revenus liée a l’absentéisme, perte de bien-être liée à l’inquiétude, à l’inconfort ou encore à la restriction des activités de loisir ou domestiques... D’importants travaux européens ont permis de proposer des valeurs pour un ensemble de ces coûts sanitaires : décès prématurés, admissions hospitalières, journées de toux, journées de rhinites, cas d’asthme, etc. Sur la base de ces travaux, le rapport évalue entre 20 et 30 milliards d’euros (Mds €) par an le coût sanitaire lié à la qualité de l’air en France.

Le rapport poursuit donc sur l’importance des politiques d’amélioration de la qualité de l’air qui peuvent être à l’origine de bénéfices pour la société. Il montre que ces politiques ont déjà permis de réaliser des progrès dans la réduction des émissions de polluants de l’air, notamment pour les rejets des sources fixes bien identifiées (établissements industriels, par exemple) grâce à des instruments réglementaires mais aussi économiques (TGAP, par exemple). En revanche, ces politiques ont des résultats plus limités sur la pollution due aux sources mobiles et diffuses (secteurs des transports particulièrement). En effet, cette pollution est plus complexe à réduire. Par exemple, les effets des normes "Euro" mises en place au début des années 1990 (fixant les limites maximales de rejets de certains polluants à l’échappement pour tous les types de véhicules roulants) ont été atténués par l’augmentation des émissions des véhicules en conditions réelles de circulation, l’augmentation des circulations routières, la forte diésélisation du parc roulant des VP et des émissions causées par l’abrasion dans le cas des particules.

Le rapport permet donc d’avoir une première évaluation du coût sanitaire et des enjeux liés à la qualité de l’air. Mais il a plusieurs limites. En effet, il est tout d’abord exclusivement ciblé sur l’air extérieur. La problématique de l’air intérieur n’y est pas abordée. Ensuite, il ne traite pas des coûts environnementaux. L’analyse menée dans le rapport ne vise pas non plus à analyser les impacts sanitaires d’un secteur en particulier, ni l’impact sanitaire d’une politique qui cible un secteur particulier ou encore à réaliser un bilan coûts avantages d’une politique. Enfin, les coûts sanitaires chiffrés dans ce rapport doivent être vus comme des ordres de grandeur car l’évaluation des coûts sanitaires liés à la qualité de l’air reste, à ce jour, sujette à plusieurs critiques liées à la méthodologie.

Rapport intégral téléchargeable ici

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