26 février 2019

Les effets de polluants sur la fonction respiratoire d’un enfant

C’EST DANS L’AIR : Madininair partage l’actualité nationale et internationale liée à la thématique de la pollution de l’air.
Ici, nous vous proposons un article du site Actu-environnement sur les résultats d’une étude scientifique qui met en exergue les effets de polluants sur la fonction respiratoire des enfants.

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Le lien entre affections pulmonaires des enfants et polluants chimiques mis en lumière

Une étude scientifique met en lumière les effets d’un large éventail de polluants sur la fonction respiratoire des enfants. La réduction d’exposition aux produits chimiques permettrait de prévenir les maladies chroniques.

De nombreuses études ont établi des liens entre l’exposition à un polluant donné et une affection respiratoire. Mais, pour la première fois, une équipe de chercheurs de l’Inserm, du CNRS, de l’Université Grenoble Alpes et de l’Institut de santé globale de Barcelone montre, dans une étude publiée le 5 février dans la revue The Lancet Planetary Health, les effets d’un large éventail de polluants sur la fonction pulmonaire des enfants.

Pour mener leur étude, financée par l’Union européenne dans le cadre du projet Helix, les scientifiques se sont basés sur le concept d’exposome, défini comme l’ensemble des facteurs environnementaux auxquels un individu est soumis depuis sa conception. Les chercheurs ont recueilli des données sur de nombreux types d’expositions : liées à l’environnement extérieur ou intérieur, à des contaminants chimiques, tels que les perturbateurs endocriniens, les métaux et les polluants organiques persistants, ou au mode de vie comme le tabagisme, l’alimentation ou l’activité physique. L’analyse des risques a été effectuée chez 1.033 couples mère-enfant dans six pays européens, à travers 85 expositions pendant la grossesse et 125 expositions pendant l’enfance. "Les femmes enceintes et les enfants étaient généralement exposés à des dizaines de substances chimiques à des niveaux variables", rapporte l’Inserm.
"Identifier les facteurs de risque d’une fonction respiratoire diminuée dans l’enfance est important car le développement pulmonaire de l’enfant est un facteur déterminant de sa santé globale, et pas seulement respiratoire, tout au long de la vie ", explique Valérie Siroux, chercheuse à l’Inserm et coordinatrice de l’étude. Une faible capacité pulmonaire au début de l’âge adulte est associée à une prévalence plus élevée d’anomalies respiratoires, cardiovasculaires et métaboliques plus tard dans la vie, ainsi qu’à des décès prématurés, ont montré plusieurs études.

Altération du développement de la fonction pulmonaire

L’étude a renforcé les preuves de la contribution de certains contaminants chimiques à l’altération du développement de la fonction pulmonaire. Elle met plus précisément en lumière le rôle joué par une exposition prénatale aux composés perfluorés. Ces substances sont notamment utilisées dans certains ustensiles de cuisine antiadhésifs ou des revêtements antitaches. Les chercheurs pointent aussi l’exposition dans l’enfance à l’éthyl-parabène, substance utilisée comme conservateur dans les cosmétiques, et à des métabolites de phtalates. Parmi-ceux-ci, sont mis sur la sellette : le DEHP, un perturbateur endocrinien reconnu, ainsi que le DINP. "Nos résultats pour le DINP sont particulièrement importants pour la santé publique", soulignent les auteurs car il s’agit de l’un des plastifiants les plus couramment utilisés, puisque mis en œuvre en tant que substitut du premier.
"Ces résultats ont des conséquences importantes pour la santé publique car ils suggèrent que des mesures préventives visant à réduire l’exposition aux substances chimiques omniprésentes identifiées (…) pourraient contribuer à prévenir une altération de la fonction pulmonaire", conclut l’étude. Ce qui permettrait de prévenir le développement de maladies respiratoires chroniques à l’âge adulte, comme l’asthme, les allergies respiratoires ou encore les broncho-pneumopathies chroniques obstructives. Ces mesures préventives pourraient être mises en œuvre, ajoutent-ils, par le biais d’une réglementation plus stricte et par l’information du public, notamment par l’étiquetage de ces substances dans les produits de consommation.

Des suggestions qui interpellent au moment où le gouvernement prépare sa nouvelle stratégie sur les perturbateurs endocrinienset lance les travaux d’élaboration du quatrième plan national santé environnement (PNSE 4). Parmi les priorités affichées pour ce dernier figure précisément la notion d’exposome, avec l’amélioration de la connaissance des expositions environnementales sur la santé et l’objectif de leur réduction.

©Laurent Radisson / sources : Actu-environnement

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