Pollens et moisissures dans l’air ambiant : une nouvelle organisation nationale de la surveillance

Un arrêté publié au Journal Officiel le 19 mars 2026 fait évoluer l’organisation de la surveillance des pollens et des moisissures dans l’air ambiant.
Il confie aux Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA), dont fait partie Madininair, la coordination de cette surveillance ainsi que de l’information associée.

Une surveillance renforcée au service de la santé

La surveillance des pollens et des moisissures dans l’air ambiant existait déjà. Le nouvel arrêté vient en renforcer l’organisation et mieux l’intégrer dans le dispositif global de surveillance de la qualité de l’air.

Jusqu’à présent, les AASQA étaient principalement mobilisées sur les polluants atmosphériques (particules fines, oxydes d’azote, ozone…). Leur rôle est désormais élargi pour inclure pleinement les pollens et les moisissures, des particules d’origine biologique.

Cette évolution répond à un enjeu majeur de santé publique : les pollens peuvent provoquer des allergies respiratoires et impacter la qualité de vie des personnes sensibles.

Les AASQA ont désormais pour mission de :

  • surveiller la présence de pollens et de moisissures dans l’air,
  • informer le public et les professionnels de santé,
  • contribuer à la prévention des risques allergiques.

Une problématique encore peu connue en Outre-mer

La surveillance des pollens ne se pose pas dans les mêmes termes en Outre-mer que dans les territoires tempérés.

Un rapport de l’ANSES publié en 2017 souligne les limites des connaissances sur les pollens dans les territoires ultramarins :

  • le manque de données,
  • l’absence de dispositifs pérennes,
  • les difficultés à évaluer l’impact sanitaire.

Ces constats restent encore en grande partie d’actualité, même si des initiatives locales se développent.

Une dynamique engagée en Martinique

En Martinique, une dynamique a été lancée pour mieux comprendre la présence des pollens et des moisissures dans l’air.

Depuis 2021, un dispositif de prélèvement est mis en œuvre par Madininair, avec le soutien de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Il permet d’acquérir des premières données sur les particules biologiques présentes dans l’air.

En 2026, Madininair renforce ses actions

En 2026, Madininair poursuit et renforce ses travaux pour mieux comprendre les pollens tropicaux et leurs effets sur la santé :

  • Mesurer
    • poursuite des prélèvements sur le territoire
    • analyse des échantillons par un laboratoire spécialisé en France
  • Identifier
    • collaboration avec des botanistes locaux pour mieux relier les pollens observés aux espèces végétales présentes en Martinique
    • appui au laboratoire pour la lecture des lames (identification des pollens)
  • Comprendre les effets sur la santé
    • analyse de la littérature scientifique, avec un focus sur le caractère allergisant des pollens tropicaux
    • exploitation des études menées dans les territoires voisins
    • échanges avec des professionnels de santé, notamment des allergologues

Objectif : mieux identifier les pollens susceptibles de provoquer des réactions allergiques en Martinique.

Identifier les pollens tropicaux : un enjeu clé

Les milieux tropicaux se caractérisent par une grande diversité végétale et des connaissances encore limitées.

L’enjeu est de :

  • identifier plus finement les pollens présents dans l’air,
  • les associer aux espèces végétales locales.

Ce travail est essentiel pour mieux comprendre l’origine des pollens et, à terme, agir à la source lorsque cela est possible.

Mieux caractériser le potentiel allergisant

Le caractère allergisant des pollens tropicaux reste encore mal connu.

À ce jour, les données sont insuffisantes pour relier clairement les pollens observés aux effets sur la santé dans les territoires ultramarins.

Les travaux engagés visent donc à :

  • croiser les données de mesure avec les connaissances scientifiques,
  • identifier les pollens susceptibles de présenter un risque allergique.

Vers un calendrier pollinique en Martinique

La poursuite de la surveillance jusqu’à fin 2026 permettra de consolider les données.

À terme, ces travaux permettront de produire un calendrier pollinique propre à la Martinique, identifiant les périodes de présence des principaux pollens dans l’air.

Le lien avec le risque allergique restera toutefois à affiner.

Une surveillance à pérenniser

La surveillance des pollens et des moisissures permet de mieux prendre en compte les polluants biologiques et leurs effets sur la santé dans l’évaluation de la qualité de l’air.

Les travaux engagés aujourd’hui par Madininair posent les bases d’un dispositif structuré, adapté aux spécificités du territoire et utile pour la population.

La poursuite de cette dynamique au-delà de 2026 nécessitera des financements complémentaires afin de :

  • pérenniser la surveillance des pollens et des moisissures,
  • développer une information claire et accessible pour le public et les professionnels de santé,
  • renforcer la prévention des risques sanitaires.

Madininair, expert de la qualité de l’air en Martinique

À travers ces travaux, Madininair contribue à développer une approche globale de la qualité de l’air, intégrant à la fois les polluants atmosphériques et les polluants biologiques.
Cette démarche vise à mieux comprendre les enjeux spécifiques du territoire et à fournir des informations toujours plus utiles aux populations et aux professionnels de santé.