Programme AIR CAP Nord : six études pour mieux caractériser la qualité de l’air du territoire

En 2025, Madininair a conduit six études dans le cadre du Programme AIR de CAP Nord Martinique afin d’améliorer la connaissance de la qualité de l’air sur le territoire. Réalisées sur différents secteurs à enjeux, elles permettent de mieux comprendre l’influence du trafic routier, d’accompagner les projets d’aménagement et de disposer de données de référence pour suivre l’évolution de la qualité de l’air dans les années à venir.

Une stratégie de surveillance adaptée aux enjeux du territoire

La qualité de l’air n’est pas homogène sur un territoire. Elle dépend notamment des sources d’émissions, de l’intensité du trafic routier, des activités économiques, de l’urbanisation.
A la demande de CAP Nord Martinique, Madininair a ainsi déployé en 2025 différentes campagnes de mesure sur plusieurs secteurs présentant des enjeux spécifiques :

  • les principaux axes routiers, afin d’évaluer l’influence du trafic sur les concentrations en dioxyde d’azote (NO₂) ;
  • les centres urbains, pour caractériser l’exposition des populations ;
  • les zones d’activités en développement, afin d’établir un état de référence avant leur évolution ;
  • les établissements scolaires, pour mieux connaître l’exposition des enfants à proximité des grands axes de circulation.
    Cette approche permet d’apporter aux collectivités des données objectives pour intégrer la qualité de l’air dans les politiques de mobilité, d’aménagement et de développement du territoire.

Les axes routiers : évaluer l’influence du trafic

Les RN2 et RN3 constituent les principaux axes structurants du nord de la Martinique et supportent quotidiennement un trafic important, notamment de poids lourds.
Afin d’évaluer l’impact de cette circulation sur la qualité de l’air, Madininair a mis en œuvre deux dispositifs complémentaires : une station de mesure en continu implantée à Saint-Pierre et une cartographie des concentrations en dioxyde d’azote réalisée sur 100 points répartis le long des deux axes.
Les résultats montrent que les concentrations restent inférieures aux valeurs limites réglementaires. Ils mettent toutefois en évidence des niveaux plus élevés dans les secteurs où la circulation est ralentie, confirmant l’influence du trafic routier sur les concentrations en dioxyde d’azote.

Les centres urbains : mieux connaître l’exposition à l’échelle locale

Les communes du Carbet et de Saint-Pierre ont également fait l’objet d’une cartographie détaillée des concentrations en dioxyde d’azote.
Ces études permettent d’identifier les secteurs où les concentrations sont les plus élevées, notamment à proximité des principaux axes de circulation, et d’apporter aux collectivités des éléments d’aide à la décision pour les futurs projets d’aménagement et de mobilité.
Aucun dépassement des valeurs limites réglementaires n’a été observé. Les concentrations les plus élevées sont relevées le long de la RN2 au Carbet et des RN2 et RN3 à Saint-Pierre. Quelques sites dépassent néanmoins la valeur guide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus protectrice pour la santé.

Les zones d’activités en développement : disposer d’un état de référence

Les zones d’activités de PetitJean Roget (Le Robert) et de Plateforme (Case-Pilote) connaissent une dynamique de développement avec l’implantation de nouveaux équipements, commerces et services.
Afin d’accompagner cette évolution, Madininair a évalué les concentrations en dioxyde d’azote pour disposer d’un état de référence avant la poursuite du développement de ces secteurs.
Les résultats mettent en évidence une qualité de l’air satisfaisante vis-à-vis du dioxyde d’azote. Les concentrations observées restent faibles sur l’ensemble des deux zones et ne révèlent pas d’enjeu particulier à ce stade. Ces mesures constitueront une référence pour suivre l’évolution de la qualité de l’air au fur et à mesure du développement de ces espaces d’activités.

Les établissements scolaires : mieux connaître l’exposition des publics les plus sensibles

Les enfants étant plus sensibles aux effets de la pollution atmosphérique, Madininair a également évalué les concentrations en dioxyde d’azote à proximité de plusieurs établissements scolaires situés à Sainte-Marie, au Gros-Morne et au Robert.
L’objectif était d’identifier les secteurs présentant les niveaux les plus élevés afin d’alimenter les réflexions sur l’aménagement des abords des établissements scolaires.
Les résultats sont globalement rassurants : tous les établissements étudiés respectent les valeurs limites réglementaires actuellement en vigueur. Deux sites situés à proximité de la RN1 à Sainte-Marie présentent toutefois des concentrations supérieures à la valeur guide de l’OMS, ce qui confirme l’intérêt de poursuivre la prise en compte de la qualité de l’air dans les projets d’aménagement de ces secteurs.

Une connaissance indispensable pour anticiper les évolutions

Les six études menées en 2025 mettent en évidence une qualité de l’air globalement satisfaisante sur le territoire de CAP Nord Martinique. Aucun dépassement des valeurs limites réglementaires actuellement en vigueur n’a été observé pour le dioxyde d’azote (NO₂).
Ces résultats ne doivent toutefois pas conduire à relâcher la vigilance. Les concentrations les plus élevées sont systématiquement observées à proximité des axes les plus circulés, confirmant l’influence du trafic routier sur la qualité de l’air. Par ailleurs, plusieurs secteurs dépassent déjà la valeur guide de l’Organisation mondiale de la Santé, plus protectrice pour la santé, alors que les normes européennes applicables à partir de 2030 seront significativement renforcées.

Dans ce contexte, les données acquises constituent un état de référence précieux. Elles permettront de suivre l’évolution de la qualité de l’air dans les secteurs en développement, d’évaluer l’impact des politiques de mobilité et d’aménagement, et d’anticiper les enjeux liés aux futures exigences réglementaires.

En renforçant la connaissance du territoire, le Programme AIR de CAP Nord Martinique fournit ainsi aux collectivités des éléments objectifs pour intégrer durablement la qualité de l’air dans leurs décisions d’aménagement, au service de la santé des habitants et du développement du territoire.

Pour aller plus loin

Retrouvez l’ensemble des fiches de synthèse des études réalisées en 2025 sur le territoire de CAP Nord :