Qualité de l’air sur le territoire de la CACEM : ce que révèlent les études et actions menées en 2025

Où la pollution de l’air est-elle la plus présente sur le territoire de la CACEM ? Quels sont les polluants à surveiller ? Quels enjeux pour la santé des habitants ?

Pour répondre à ces questions, plusieurs études et actions ont été menées en 2025 dans le cadre du programme AIR de la CACEM, mis en œuvre par Madininair depuis 2013. Ce programme vise à suivre l’évolution de la qualité de l’air, à améliorer les connaissances sur l’exposition des populations et à accompagner les actions en faveur d’un environnement plus sain.

Les résultats confirment que certaines zones restent particulièrement exposées, notamment à proximité des grands axes routiers et de certaines activités industrielles.

Le trafic routier demeure une source majeure de pollution

Le dioxyde d’azote (NO₂) est un polluant principalement émis par les véhicules. Il constitue un bon indicateur de la pollution liée au trafic routier.

Les mesures réalisées à proximité des axes les plus fréquentés montrent que les concentrations les plus élevées sont observées le long de l’autoroute et de la rocade. Si la pollution diminue rapidement lorsqu’on s’éloigne de ces infrastructures, les habitants vivant à proximité restent davantage exposés.

Les études mettent également en évidence une évolution encourageante : les concentrations de dioxyde d’azote ont globalement diminué ces dernières années. Malgré cette amélioration, certains secteurs demeurent sous surveillance, notamment au regard des futures normes européennes qui seront plus exigeantes en matière de qualité de l’air.

À Fort-de-France : une situation globalement maîtrisée, mais des points de vigilance

Dans les quartiers situés dans la partie basse de Fort-de-France, les concentrations mesurées restent inférieures aux seuils réglementaires actuellement en vigueur.

Toutefois, plusieurs secteurs dépassent les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui reposent sur des critères plus protecteurs pour la santé. Les niveaux les plus élevés sont observés dans les zones caractérisées par une circulation routière importante.

Ces résultats rappellent que l’amélioration de la qualité de l’air demeure un enjeu important, même lorsque les seuils réglementaires sont respectés.

Le benzène : une vigilance particulière à Étang Z’Abricot

Une autre étude a porté sur le benzène, un polluant présent dans l’air notamment en raison des carburants et de certaines activités industrielles. Ce composé est classé cancérogène pour l’être humain.

Les mesures réalisées dans le secteur d’Étang Z’Abricot montrent une situation préoccupante :

  • tous les points étudiés dépassent le niveau recommandé pour la qualité de l’air ;
  • plusieurs points dépassent les seuils réglementaires ;
  • les concentrations les plus élevées concernent des secteurs habités.

Ces résultats s’expliquent par la combinaison de plusieurs sources d’émissions, notamment le trafic routier et les activités industrielles présentes à proximité.

Dans un contexte de développement du secteur, ces données soulignent l’importance de poursuivre la surveillance et les actions de réduction des émissions.

Mieux connaître le territoire pour mieux agir

Au-delà des études sur les polluants atmosphériques, le partenariat entre la CACEM et Madininair a permis de développer de nouvelles actions pour améliorer la connaissance du territoire et sensibiliser les différents publics.

Parmi les actions réalisées en 2025 :

  • l’expérimentation de mini-stations afin de tester de nouveaux outils de mesure de la qualité de l’air ;
  • la mise en service de cartes prévisionnelles plus détaillées, polluant par polluant, sur le territoire de la CACEM ;
  • des actions de sensibilisation auprès des agents, des scolaires et du grand public, notamment grâce à des ateliers et des outils immersifs en réalité virtuelle ;
  • la participation au suivi des nuisances olfactives à travers l’Observatoire des odeurs et la plateforme citoyenne Signal’Air.

Ces initiatives contribuent à renforcer les connaissances sur la qualité de l’air et à accompagner les acteurs locaux dans la prise en compte des enjeux de santé environnementale.

Ce qu’il faut retenir

Le bilan 2025 met en évidence plusieurs éléments importants :

  • le trafic routier demeure une source importante de pollution atmosphérique sur le territoire ;
  • certains secteurs situés à proximité des grands axes routiers ou d’activités industrielles restent plus exposés que d’autres ;
  • les études réalisées permettent d’améliorer la connaissance de l’exposition des populations et d’orienter les actions à mettre en œuvre ;
  • de nouveaux outils de surveillance et de prévision ont été déployés pour mieux suivre la qualité de l’air ;
  • les actions de sensibilisation et les démarches participatives contribuent à mieux informer les habitants et les acteurs du territoire sur les enjeux de qualité de l’air.

Agir pour améliorer la qualité de l’air

L’amélioration de la qualité de l’air repose à la fois sur des actions collectives et sur les comportements individuels.
À l’échelle du territoire

  • développer les transports en commun ;
  • réduire le trafic dans les secteurs les plus exposés ;
  • intégrer la qualité de l’air dans les projets d’aménagement.
    À l’échelle individuelle
  • privilégier les transports en commun ou le covoiturage ;
  • marcher ou utiliser le vélo pour les trajets courts ;
  • entretenir régulièrement son véhicule.

En savoir plus

Les fiches détaillées des études et le bilan sont disponibles en téléchargement :