Sargasses : lancement du projet SAGES pour mieux comprendre les effets d’une exposition prolongée sur la santé
Depuis plus de dix ans, les échouements massifs de sargasses constituent un enjeu majeur pour la Martinique et la Guadeloupe. Lors de leur décomposition, ces algues libèrent notamment du sulfure d’hydrogène (H₂S), de l’ammoniac (NH₃) et d’autres composés qui peuvent altérer la qualité de l’air à proximité des zones d’échouement.
Si les effets d’expositions à court terme sont bien connus, les conséquences d’une exposition répétée au fil du temps restent encore insuffisamment documentées. C’est pour répondre à cette question qu’a été lancé le projet SAGES (Sargasses, Analyse des Gaz et particules Émis et impacts Sanitaires aux Antilles Françaises), dont la réunion de lancement s’est tenue le 29 juin 2026 en Martinique.
Lauréat de l’appel à projets Sargassum III de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), ce programme de recherche est coordonné par l’Irset-Inserm en étroite collaboration avec Santé Publique France. Pendant quatre ans, il réunira les expertises de la recherche, de la santé publique et de la qualité de l’air afin de mieux comprendre les effets d’une exposition chronique aux émissions des sargasses et d’améliorer les actions de prévention en Martinique et en Guadeloupe.
Un projet structuré autour de trois axes de recherche
Le projet SAGES s’articule autour de trois volets complémentaires :
- Mieux caractériser l’exposition des populations aux gaz et particules émis par les sargasses en décomposition (WP1).
- Étudier les effets sur la santé, notamment à travers une étude portant sur l’état de santé perçu des populations exposées (WP2).
- Développer des actions de prévention pour accompagner les pouvoirs publics et mieux protéger les populations (WP3).
Madininair coordonne le volet consacré à la caractérisation de l’exposition
Madininair assure la coordination du Work Package 1 (WP1), dédié à la caractérisation de l’exposition des populations aux émissions des sargasses. Ce volet est mis en œuvre avec l’appui de Gwad’Air, du Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA) et du Centre d’Enseignement, de Recherche et d’Innovation Énergie Environnement (CERI EE) de l’IMT Nord Europe.
Si les observatoires de la qualité de l’air surveillent depuis plus de dix ans le sulfure d’hydrogène (H₂S) et l’ammoniac (NH₃), le projet SAGES permettra d’aller plus loin en identifiant l’ensemble des gaz et particules émis et en améliorant l’évaluation de l’exposition grâce aux mesures de terrain, à la modélisation atmosphérique et aux données environnementales. Les résultats serviront de socle aux études sanitaires conduites dans le cadre du WP2.
Un projet collectif au service des territoires
Le consortium réunit l’Irset-Inserm, la cellule régionale Antilles de Santé Publique France, Madininair, Gwad’Air, les Agences Régionales de Santé de Martinique et de Guadeloupe, les CHU de Martinique et de Guadeloupe, le Laboratoire Interuniversitaire des Systèmes Atmosphériques (LISA) ainsi que le Centre d’Enseignement, de Recherche et d’Innovation Énergie Environnement (CERI EE) de l’IMT Nord Europe.
En associant les expertises de la recherche, de la santé publique et de la qualité de l’air, ce projet contribuera à améliorer les connaissances scientifiques sur les effets des sargasses et à fournir des éléments utiles pour orienter les futures actions de prévention et les politiques publiques en Martinique et en Guadeloupe.
Absence d’épisode de pollution